Douce plume acariâtre

LA MASSE INITIALE

                   Malgré les deux présences féminines qui étaient sensées leurs procurer force plaisir, les compères n’en poursuivaient pas moins une conversation intense.  Leur objectif n’étant autre que la création d’une infinité au cube d’univers, seule la question technique du démarrage de ce vaste chantier les séparait encore. Chacun avançant sa propre méthodologie et ayant mauvaise volonté pour étudier d’autres possibilités.

Cependant, la partenaire de l’homme à la barbe blanche ne voulut pas seulement se soumettre à ses caprices. Elle exigea une participation plus active de sa part et surtout de ne pas rester éternellement sous son pénétreur. A son tour a-t-elle dit, de chevaucher !

Délaissant un instant son interlocuteur, le gaillard, interloqué d’un tel comportement, rabroua vivement cette femelle récalcitrante.

-Pute borgne de merde ! Nom de moi ! Ce n’est pas à toi de me monter dessus maudite Lilith !

        Mais regarde donc Êve et prends exemple ! Chouffe un peu le panard qu’elle va se prendre dans la simple position que des missionnaires du futur baptiseront.

A quelques pas et à même le sol, la fameuse que l’on nommera un jour première dame, recevait les honneurs d’un viril énergumène à la longue tignasse en folie, au teint basané, au sourire carnassier et aux yeux[EV1]  de braises… sans pour autant prendre le pied précédemment cité. A tel point que ce dernier monsieur lui aussi s’en plaignit.

-Décidemment ce bordel ne fournit pas les prestations promises par le portier. Il me semble limer avec une carpette !

 -Ami Lulu, le gugus qui nous a ouvert la porte de cette galère, m’a confié au creux de l’oreille qu’avec un négligeable supplément tarifaire, nous pourrions éventuellement échanger nos femelles. Je l’ai foutu dans une horloge de sable et j’ai inversé les cônes. Non mais ! Un supplément ? Et puis quoi encore ?

 -Pour le punir plus longuement, nous devrions lui refiler Êve et on se garde Lilith en ménage à trois. Qu’en penses-tu mon bon compagnon ?

-Cela me parait une excellente idée mais avant de charger ce pauvre bougre d’homme, il me faut tester le matériel que nous allons lui refiler.

          Êve, viens ici et mets-toi sur les genoux, le front posé parterre et les fesses hautes bien écartées avec tes mains ! Ton amie m’a laissé sur une faim et il me faut conclure avant que la chose ne redescende. A mon âge vénérable, l’attente devient fatale.

Docile, Êve se positionna afin que le barbu puisse prendre enfin son pied en un orifice étroit ; mais ni les caresses sur ses beaux seins pendants ni le tournicoti-tournicoton sur son mignon clito, exécuté d’un majeur pourtant expert, ne lui procurèrent le moindre orgasme alors que les valseuses divines se soulagèrent abondement.

           -Fichtre Sata, tu as raison, cette salope ne vaut pas un clou. Un vide-burnes et c’est tout. Notre Lilith nous donnera probablement du mal à retordre pour la soumission mais, question baise, nous sortirons plus que gagnants.

        Dis-moi, comment s’appelle le portier qui va bientôt bouffer du sable ?

        -Adam !

         -Avec un nom comme ça, il mérite réellement une punition beaucoup plus sévère. Êve fera l’affaire à merveille ! Allons le délivrer de sa geôle de verre !

Juste à temps !

 Moitié mort de trouille, le portier du clandé chantait déjà la Carmagnole avec les oreilles alors que les fins grains lui avaient couvert le menton et montaient inexorablement. Le sablier de nouveau retourné l’homme se retrouva tête en bas dans cet horrible élément abrasif et fut récupéré in extrémis. Sauvé du sablage interne, il fut amené au-devant d’une demoiselle Êve qui attendait tranquille en sa tenue toute particulière. Celle que des empafés du futur couvriront de trois feuilles de vigne. Toutes petites feuilles, minuscules feuilles putes y bondes.

        -Tiens mec. Nous te la donnons pour femme !

        -NOOOOOOOOOON… PAS ELLE ! ! ! ! !

Le cri du cœur !

        -M’enfin mon gars. Pas nécessaire de te sortir une côtelette, la nana nous vient d’une bonne fabrique ; imagine, celle qui produit aussi les Donuts. Caisse que tu veux de mieux ?

        -Et si vous vous occupiez plutôt de créer le monde avant de me marier de force ?

         -Dieu, c’est justement ce dont nous discutions en ce lieu abominable de la non-existence ! Pas si con l’Adam ! On va se les foutre tous dans ton Paradis et au boulot. Ça va péter !

         -Jockey mon mauvais Belzé bien But. En plus on va te leur fignoler des délices à en chier de plaisir… assortis d’interdictions d’en profiter bien sûr évidemment.

        -Tu es démoniaque bon ami Yahvé ! T’aurais pas une pomme, j’ai la fringale ?

         -Hé banane, tu n’as pas écouté Adam, les pommiers ne sont pas encore inventés. Et il manque quelques milliards d’années pour les salades de fruits.

          -Jolie, jolie !

Les trois sans pouvoir de décision mis à l’aparté dans le fameux Paradis, la conversation initiatrice à la création des univers se poursuivit. Peu à peu une ébauche prit forme. En tenant compte que dans un futur proche, quelque chose comme quinze milliards d’années, des crétins au cube de scientifiques pragmatiques avanceront des hypothèses qu’ils affirmeront comme certitudes.

Alors tant qu’à faire, autant que cela paraisse probable.

         -Un pet énnnnnorme ! Un putain de big bang.

Le Basané se mit à rire et il admit que l’idée était bonne. Délicieuse, excellente, et proposa aussitôt son dièse personnel.

         -Un pet, oui mais bien accompagné. De ceux qui te laissent l’air con, les jambes écartées, et avec une impérieuse et immédiate nécessité de papier-cul.

                         ET LA MASSE INITIALE FUT IVENTEE.

         

 


 [EV1]

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